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La pandémie n’a pas eu raison du 1er mai

La pandémie n’a pas eu raison du 1er mai

Aux quatre coins du monde, malgré la pandémie et bien souvent le confinement, d’une manière ou d’une autre, les travailleurs et leurs organisations syndicales ont rappelé ce qu’est véritablement le 1er mai : une journée internationale de solidarité et de lutte pour défendre leurs droits et leurs revendications.

Si les manifestations et les rassemblements traditionnels n’ont pas pu avoir lieu ce 1er mai 2020, les organisations syndicales ont malgré tout trouvé les moyens de se faire entendre un peu partout dans le monde. Les messages vidéo ont envahi les réseaux sociaux. Les concerts de casseroles ont fait du bruit aux balcons et aux fenêtres. Les banderoles les ont ostensiblement décorés. Dans certains cas, les revendications ont été clamées jusque dans la rue…

Si les manifestations et les rassemblements traditionnels n’ont pas pu avoir lieu ce 1er mai 2020, les organisations syndicales ont malgré tout trouvé les moyens de se faire entendre un peu partout dans le monde. Les messages vidéo ont envahi les réseaux sociaux. Les concerts de casseroles ont fait du bruit aux balcons et aux fenêtres. Les banderoles les ont ostensiblement décorés. Dans certains cas, les revendications ont été clamées jusque dans la rue…

Manifestations statiques en Grèce et au Portugal, à vélo en Slovénie

Masqués, avec des gants, à deux mètres de distance les uns des autres, des centaines de travailleurs grecs ont ainsi manifesté à Athènes et dans d’autres villes de Grèce. Alors que le gouvernement avait appelé à reporter la célébration du 1er mai, la confédération générale grecque du travail (CGSEE), qui regroupe les salariés du secteur privé, l’a accusé de vouloir faire taire les syndicats et a appelé à une grève de 24 heures et à des actions symboliques. Pour mieux respecter les gestes barrières, les cortèges sont le plus souvent restés statiques. Certains transports en commun ont été mis à l’arrêt et les navires sont restés à quai dans plusieurs ports.

Des rassemblements similaires ont également eu lieu au Portugal, à Lisbonne notamment. Il n’y a pas eu de proximité entre les travailleurs, ni la convivialité habituelle, mais nous avons exercé un droit que nous avons conquis en 1974 (année de la chute de la dictature ndlr) et auquel nous ne renonçons pas, a expliqué la confédération syndicale CGTP. L’initiative vaut avertissement pour le gouvernement portugais qui a suspendu le droit de grève dans le cadre de l’état d’urgence proclamé au motif de la crise sanitaire.

En Slovénie, des centaines de cyclistes ont traversé la capitale et se sont rassemblés devant le parlement pour protester contre la gestion de la crise sanitaire par les autorités, aux cris de Voleurs ! Tout le monde dans la rue !.

La répression, toujours

En Turquie, la police a arrêté plusieurs responsables syndicaux qui manifestaient à Istanbul.

De l’autre côté de l’Atlantique, au Chili, où le confinement ne s’applique qu’aux villes et aux quartiers les plus touchés par la pandémie, plusieurs manifestations ont eu lieu. Une soixantaine de manifestants ont été arrêtés à Santiago, la capitale. Parmi les principales revendications exprimées, l’abrogation de la réforme qui a livré les retraites aux fonds de pension, depuis 1980, sous la dictature du général Pinochet. Une revendication qui était déjà au cœur de l’explosion sociale de l’automne dernier…

La peur du chômage et, déjà, la faim

Alors que le chômage a d’ores et déjà vertigineusement augmenté, et que chacun sait que la récession n’en est qu’à son début, le refus d’être laissés sur le carreau et, déjà dans certains cas, la faim, ont aussi poussé des manifestants à sortir dans les rues pour y crier leur colère.

En Uruguay, des milliers de personnes ont manifesté dans la capitale Montevideo pour protester contre les plans de licenciements qui se multiplient depuis le début de la pandémie.

A plus de 10 000 kilomètres de là, un jeune libanais, ex-employé de restaurant désormais au chômage, a expliqué à l’AFP : Je suis descendu parce que j’ai faim, j’en ai marre de cette vie. Comme lui, plusieurs centaines de manifestants munis de masques se sont rassemblés dans le centre de Beyrouth ce 1er mai. Mais en réalité dans ce pays, les manifestations, déjà très fortes et très violemment réprimées avant la pandémie, avaient repris depuis plusieurs jours malgré le confinement. Cette nouvelle explosion de colère a été déclenchée par une flambée des prix des produits de première nécessité qui ont doublé en quelques semaines, dans le contexte d’une forte dépréciation de la monnaie libanaise face au dollar. Plus de la moitié de la population est désormais passée sous le seuil de pauvreté…

Les revendications de toujours exacerbées par la pandémie

D’autres manifestations avaient aussi eu lieu au Bangladesh dès la mi-avril. Il s’agissait de celles des ouvrières du textile brutalement privées d’emploi et de revenu, les grandes multinationales de prêt-à-porter ayant annulé du jour au lendemain des milliards de dollars de commandes.

Manger à sa faim, avoir un véritable emploi et un véritable salaire, pouvoir travailler sans exposer sa santé, voire sa vie, jouir de services publics accessibles à tous et de qualité, avoir une protection sociale digne de ce nom, tant en termes de maladie, de retraite, que d’assurance chômage… Les revendications sont celles de toujours. Mais force est de constater que la crise sanitaire les exacerbe au plus haut point. Ce 1er mai 2020 l’a très clairement mis en lumière.

Evelyne Salamero, journaliste L’inFO militante

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