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Déconfinement scolaire : un protocole sanitaire qui ne supprime pas les menaces

Déconfinement scolaire : un protocole sanitaire qui ne supprime pas les menaces

Après 1,4 million d’élèves de maternelle et d’élémentaire la semaine dernière, c’est maintenant au tour de quelque 150 000 collégiens de 6e et 5e de retourner en classe. Le dépistage généralisé auprès des élèves et des adultes, que la Fédération FO de l’Enseignement avait demandé en préalable à cette reprise, n’a pas été organisé. Sa demande, votée par le CHSCT ministériel, s’appuyait sur les préconisations de l’Organisation mondiale de la santé. Or, le protocole sanitaire élaboré par le gouvernement pose des problèmes à l’École et à la réalisation de sa mission. Le 18 mai, la confédération FO a relayé l’inquiétude des syndicats FO auprès du ministre.

Le déconfinement scolaire se poursuit. Les collèges ont commencé à rouvrir leurs portes à partir du lundi 18 mai, mais seulement dans les zones vertes listées par le gouvernement, ce qui représente 85 % de ces établissements, et seulement pour les élèves de 6e et de 5e (soit 185 000 contre 1,6 million en temps normal dans ces classes). La réouverture, ou pas, des collèges des quatre régions en zone rouge (Île-de-France, Hauts-de-France, Bourgogne-Franche-Comté et Grand Est), ainsi que ceux de Mayotte, sera décidée à la fin du mois. Il en va de même pour les lycées.

La semaine dernière, 1,4 million d’enfants de deux à dix ans ont déjà repris le chemin de l’école (contre 6,7 millions en temps normal), y compris en région parisienne. À Paris, 92 % des écoles (soit 601) ont rouvert leurs portes. Mais les classes sont à effectifs réduits.

Le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, s’est félicité en fin de semaine de la réussite de cette amorce de déconfinement. Lundi 18 mai il devait toutefois annoncer que soixante-dix cas de Covid-19 avaient été détectés, entraînant la fermeture des écoles concernées. C’est tout simplement de la prudence et l’application du protocole sanitaire strict, a commenté le ministre.

Proposé par FO et adopté, l’avis du CHSCT…

Mais par prudence n’aurait-il pas mieux valu agir en amont de la reprise. Dès le 3 avril dernier, le CHSCT ministériel s’était prononcé pour un un dépistage généralisé aux personnels et aux élèves comme préalable à toute reprise d’activité. Cet avis proposé par la Fédération FO de l’Enseignement, de la Culture et de la Formation professionnelle (FNEC FP-FO) s’appuyait sur les préconisations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Ignorant l’avis du CHSCT, le ministère a préféré élaborer un protocole sanitaire dont il explique qu’il repose sur cinq fondamentaux : le maintien de la distanciation physique, l’application des gestes barrières, la limitation du brassage des élèves, le nettoyage et la désinfection des locaux et matériels, la formation, l’information et la communication. Le seul préalable au retour en classe est que ni les élèves, ni les personnels ne doivent se rendre à l’école en cas de symptômes ou de fièvre supérieure à 37,8.

Un protocole sanitaire de soixante pages

Les cinq fondamentaux du protocole sont déclinés sur pas moins d’une soixantaine de pages.

On y apprend que la distanciation physique doit s’appliquer dans tous les espaces et à tous les instants (arrivée et abords de l’école, récréation, couloirs, préau, restauration scolaire, sanitaires…), et que les gestes barrières doivent être appliqués en permanence, partout et par tout le monde.

A minima, est-il encore indiqué, le lavage des mains doit être réalisé à l’arrivée dans l’école, à chaque entrée en classe, avant et après chaque repas, avant d’aller aux toilettes et après y être allé, avant de quitter l’école…

Les échanges manuels de ballons, jouets, crayons, livres, doivent être évités ou accompagnés de modalités de désinfection après chaque utilisation. Les récréations doivent être organisées par groupes de classe, en tenant compte des recommandations relatives à la distanciation et aux gestes barrières ; en cas de difficulté d’organisation elles peuvent être remplacées par des pauses en classe à la fin des cours.

De la communication à la réalité

Le protocole sanitaire du ministère précise encore qu’il faut superviser le lavage des mains après le passage aux toilettes, en fonction du personnel présent. Il préconise aussi de s’assurer régulièrement au cours de la journée de l’approvisionnement des consommables des toilettes (savon liquide, papier toilette, essuie-mains à usage unique…).

Le document ne précise pas en revanche comment remédier au manque desdits personnels et desdits consommables (le ministre lui-même avait reconnu la pénurie de savon dans les écoles et établissements secondaires au début de la crise sanitaire). Le protocole n’indique pas non plus comment pallier le manque de points d’eau (un quart des écoles françaises n’en auraient pas en nombre suffisant selon une enquête de l’Observatoire national de la sécurité et de l’accessibilité des établissements d’enseignement). Sans parler des robinets défectueux et des toilettes condamnées en attendant réparation… Pour rappel, à la suite des lois de décentralisation, les locaux relèvent des mairies en ce qui concerne les maternelles et le primaire, des conseils départementaux pour ce qui est des collèges, et des régions pour les lycées, mais plus du ministère. Ce sont donc les collectivités territoriales qui en assurent, entre autres, les grosses réparations, le fonctionnement et l’équipement.

Des masques « grand public » pour le personnel

Le port du masque est obligatoire pour les adultes dans toutes les situations où les règles de la distanciation risquent de ne pas être respectées. En ce qui concerne les personnels dépendant des collectivités territoriales (comme les Atsem et les AESH qui accompagnent respectivement les plus petits et les élèves en situation de handicap), ou d’entreprises privées sous-traitantes (pour la restauration), il appartient à leurs employeurs de leur fournir des masques, sachant que le protocole sanitaire de l’Éducation nationale n’exige que des masques grand public et non les masques FFP2, qui sont pourtant les seuls à être reconnus efficaces contre la contamination virale par le Code du travail.

Ce protocole nous apprend encore que le ministère de l’Éducation nationale fournit des kits de communication adaptés pour que la mise en œuvre de ces prescriptions devienne un rituel. Il précise que le personnel médical de l’Éducation nationale apporte également son appui à ces actions de sensibilisation.

Une fois le protocole connu, des parents ont fait demi-tour

Mais… de quel personnel médical est-il question, sachant qu’il ne reste plus qu’environ neuf cents médecins scolaires (en équivalent temps plein titulaires) en France pour douze millions d’élèves et que 95 % des écoles du premier degré ne disposent pas de personnel infirmier régulièrement présent du fait des suppressions d’emplois de ces dernières décennies ?

Il y a en effet loin de la théorie à la pratique et sur le terrain tout n’apparaît pas aussi simple que sur le papier…

Une fois le protocole connu, des parents ont fait demi-tour, indiquait une directrice d’école du Pas-de-Calais, interrogée par l’agence AEF le 12 mai.

De fait, comment ne pas être interpellé par ces photos d’enfants parqués dans des rectangles, carrés ou ronds tracés à la craie sur le sol des cours de récréation qui ont circulé sur les réseaux sociaux aux premiers jours de cette « reprise » scolaire ? Mais comment faire respecter la distanciation physique à de jeunes élèves, en particulier aux plus petits ?

Comment garder un enfant de trois ans assis toute la journée ?

Les enfants ont envie d’aller les uns vers les autres. Nous sommes sans arrêt en train de leur dire non, de ne pas toucher ça, de ne pas aller là. Ce n’est pas évident avec des enfants de quatre ans, c’est l’âge de l’opposition, témoigne la même directrice d’école.

À Marseille, où l’équipe a pourtant imaginé des jeux d’éloignement, un directeur expliquait : Ce n’est pas simple, même à seulement sept ou huit enfants à la fois.

Et la cantine ? Peu d’enfants sont inscrits, expliquait-il. Mais comment les occuper pendant cette coupure de deux heures. Mardi et jeudi, j’ai le renfort d’animatrices d’une association. Mais rien n’est prévu les autres jours, s’inquiétait-il.

Nous risquons d’avoir des difficultés à respecter le protocole avec davantage d’enfants, et avec les élèves des petites et moyennes sections. Comment garder un enfant de trois ans assis toute la journée ? Déjà, avec les grandes sections, je me heurte à l’impossibilité d’utiliser les jeux qui sont pourtant à la base de notre pédagogie, déplorait une institutrice.

L’État s’en remet aux collectivités territoriales

C’est une garderie améliorée, on fait quelque chose qui ressemble à la classe, constatait un autre enseignant. Le ministre Jean-Michel Blanquer, lui, assurait que l’école ne sera pas une garderie dans une interview au Journal du Dimanche le 9 mai dernier. Il a en revanche clairement indiqué voir dans la situation actuelle une occasion de moderniser le système éducatif, précisant que cette reprise de mai juin (…) permet d’expérimenter les modalités de fonctionnement, nécessairement mixtes, entre présence à l’école et enseignement à distance (…) [et de] travailler avec les collectivités locales sur la réorganisation de l’espace, l’articulation entre scolaire et périscolaire.

L’État s’en remet effectivement aux collectivités territoriales pour gérer les conditions du déconfinement scolaire. Le paragraphe du protocole sanitaire sur les facteurs décisionnels stipule ainsi qu’il revient aux collectivités territoriales et aux directeurs d’organiser la reprise dans le respect de la doctrine sanitaire et de vérifier son applicabilité avant l’accueil des élèves.

Reste que, comme son nom l’indique, l’Éducation nationale est nationale et doit le rester, relèvent en substance et avec inquiétude les syndicats FO concernés.

Les mairies sont sommées de prendre en charge les conditions de la reprise, de décider des horaires, des fonctionnements des écoles, au mépris du statut et des conditions de travail des enseignants, s’insurgeait le Syndicat unifié FO des directeurs et professeurs des écoles dès le 14 mai (Snudi-FO).

La confédération FO écrit au ministre de l’Éducation nationale

La FNEC FP-FO enfonçait le clou le 18 mai, qualifiant d’imposture la pseudo-rentrée actuellement en cours.

Les enfants, résume-t-elle, sont tenus de rester derrière leur table, sans contact avec qui que ce soit, de stationner dans la cour sur des emplacements signalés par des croix peintes au sol. Et pour respecter le nombre d’élèves accueillis au sein de chaque classe, il faudrait que les enseignants opèrent un tri, décidant quel élève a le droit d’aller à l’école ou pas ? C’est une situation insupportable.

Le 18 mai, la confédération FO, qui était déjà intervenue sur la question scolaire auprès du Premier ministre lors d’une des réunions hebdomadaires avec les interlocuteurs sociaux, a relayé l’inquiétude des syndicats FO de l’Éducation nationale via une lettre adressée au ministre Jean-Michel Blanquer. Les syndicats FO et la Fédération FO de l’Éducation nationale s’alarment très légitimement que cette situation extraordinaire ne conduise à justifier des projets de réorganisation ou réforme de l’Éducation nationale allant à l’encontre de son caractère national, garant de l’égalité, de l’unité et de la laïcité républicaine, écrit notamment le secrétaire général de FO, Yves Veyrier, rappelant l’attention particulière que la confédération FO a toujours porté à l’Éducation nationale, quant à son rôle, essentiel en république, d’instruction publique des futurs citoyens.

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